Assurance vie : comment anticiper la future taxe Macron ?

Emmanuel Macron compte mettre en place un taux de taxation unique “de l’ordre de 30%” sur tous les revenus du capital mobilier (intérêts, dividendes, plus-values sur actions…), prélèvements sociaux inclus. L’assurance vie, dont les gains sont actuellement taxé à 23% (prélèvements sociaux inclus) au bout de 8 ans, sera aussi concernée… du moins en partie : ce taux de 30% s’appliquera en effet seulement aux versements à venir et uniquement pour les personnes ayant placé plus de 150.000 euros en assurance vie, comme nous l’a précisé la semaine dernière Jean Pisani-Ferry, maître d’oeuvre de son programme économique. Le tout, sachant qu’il sera toujours possible d’opter pour le barème de l’imposition sur le revenu, s’il est plus avantageux.

Autre précision importante : ce seuil de 150.000 euros devrait être calculé par personne et non par contrat. Il serait donc a priori impossible de ruser en répartissant son patrimoine sur plusieurs contrats de moins de 150.000 euros. Par ailleurs, ce taux de 30% ne devrait s’appliquer que sur “la part dépassant ce niveau”, et non sur l’ensemble du contrat dès qu’il dépasse 150.000 euros.

Reste encore plusieurs inconnues. En particulier le sort réservé à l’abattement de 4.600 euros (9.200 euros pour un couple) en cas de retrait après 8 ans de détention, qui permet actuellement de réaliser des retraits modestes en toute franchise d’impôt (seuls les prélèvements sociaux de 15,5% sont alors dus). Ou encore la possibilité, évoquée par Macron, de favoriser les unités de compte (non garanties en capital) par rapport aux fonds en euros (garantis) via une fiscalité plus douce.

Ceux qui anticipent une arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir – et disposent de plus de 150.000 euros en assurance vie – auraient plutôt intérêt à alimenter dès maintenant leur contrat. Le candidat a en effet bien précisé que la réforme ne concernerait que les versements futurs. Donc, a priori, ceux réalisés après son éventuelle élection le 7 mai, voire après le vote de la loi instaurant ces nouvelles règles.

Pour rassurer les plus anxieux, rappelons aussi que ce durcissement de la fiscalité reste encore très hypothétique. Pour qu’il devienne réalité, il faudra non seulement qu’Emmanuel Macron se fasse élire, mais qu’il résiste ensuite au lobbying des acteurs de l’assurance vie. Rien n’exclut donc que le candidat, une fois devenu président, abandonne son projet… comme l’avait d’ailleurs fait François Hollande en 2012.

Source : capital.fr