Autoentrepreneur : le plafon du chiffre d’affaires doublé en 2018

Le plafond du CA que doivent respecter les autoentrepreneurs pour bénéficier de ce statut sera doublé en 2018, a annoncé jeudi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Il confirme ainsi une promesse faite par Benjamin Griveaux, son secrétaire d’État, lors de sa visite sur la base de loisirs d’Orléans le 7 août dernier à un vendeur de pizza dépassant le chiffre d’affaires autorisé.

Ce régime, entré en vigueur en 2009, permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire, avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux. Actuellement, tout microentrepreneur dont le chiffre d’affaires annuel dépasse le seuil des 82.800 euros pour la vente de marchandises, ou 33.100 euros pour une prestation de service, se voit automatiquement radié de ce régime et bascule en travailleur indépendant classique. Il ne peut donc plus bénéficier du régime microfiscal (formalité de création d’entreprise allégée et surtout franchise de TVA) et microsocial (acquittement forfaitaire des cotisations sociales sur la base d’un pourcentage du chiffre d’affaires). Ces plafonds devraient donc être portés respectivement à 165.600 euros et 66.200 euros, conformément à la promesse de campagne faite par Emmanuel Macron.

Pour Grégoire Leclercq, président de la fédération des autoentrepreneurs, les seuils en vigueur n’étaient plus adaptés à la réalité économique: «aujourd’hui de nombreux autoentrepreneurs se brident pour ne pas dépasser ces seuils. 5% seulement sont au-dessus des plafonds mais au moins le double se freinent par peur de la complexité». En effet, toujours selon le président de la fédération des autoentrepreneurs: «un statut d’autoentrepreneur demande 2 à 3 fois moins de temps de gestion que le régime réel». C’est une mesure «de rassemblement» aux yeux du patron de la fédération «qui va permettre aux commerçants et aux artisans de bénéficier des avantages du statut». L’annonce de Bruno Le Maire suscite donc, naturellement, un grand enthousiasme, en espérant «que ce sera fait maintenant que ça a été annoncé», précise Grégoire Leclerq.

Mais la mesure ne fait pas l’unanimité. Dans un communiqué publié ce jeudi, la CPME considère que «si la mise en place du statut d’autoentrepreneur a contribué à développer l’entreprenariat en France, elle a également fragilisé des pans entiers de notre économie». L’organisation patronale recommande plutôt de créer une distinction entre activité d’appoint et activité principale. Dans ce dernier cas, l’organisation patronale souhaite que le régime ne puisse se prolonger plus de trois ans, craignant qu’au-delà il entraîne «un entrepreneuriat à plusieurs vitesses».

Source : lefigaro.fr