CAC 40 : un semestre entre stupeur et tremblements

Les craintes du début d’année semblaient digérées quand le Brexit a fait replonger les marchés. Au 30 juin, le CAC 40 cédait 8,6% depuis le 1er janvier. C’est son plus mauvais premier semestre depuis 2008.

Encadré par deux inquiétudes fortes – la chute des marchés boursiers chinois début janvier et le Brexit du 23 juin –, le premier semestre a occasionné bien des sueurs froides aux investisseurs. Le bilan d’ensemble du CAC 40 est négatif avec un recul de 8,6% sur la période, dans la continuité de la tendance baissière depuis août 2015.

Mais que de volatilité dans le parcours de l’indice ! La menace d’un krach de l’économie chinoise, puis l’effondrement du prix du pétrole – tombé à 27 dollars le 20 janvier – ont conduit le CAC 40 à enfoncer les 3 900 points en février, pour la première fois depuis octobre 2014.

 

La Fed temporise

Aux États-Unis, la croissance devrait aussi décélérer cette année, notamment pénalisée par le secteur manufacturier et la faiblesse du commerce extérieur, mais sans s’effondrer, car la con­sommation des ménages reste un soutien fort, grâce au plein-emploi et à un faible endettement.

Devant les incertitudes globales, la Réserve fédérale américaine (Fed) a mis en pause son processus de normalisation monétaire (pas de hausse de taux), ce qui a pesé sur le dollar et contribué à raffermir le yuan. Les bonnes surprises sont venues d’Europe, avec une reprise certes modeste mais qui se confirme, sur fond de soutien de la demande intérieure et d’une meilleure orientation du crédit et de l’investissement des entreprises.

Les OPA en soutien

Dans ce contexte, les entreprises européennes profitent d’un cocktail favorable (faiblesse des taux, de l’euro et du pétrole) pour faire progresser leurs marges. Les analystes attendent une hausse de 7% des bénéfices nets par action du CAC 40 cette année, puis de 12% en 2017. Par ailleurs, le nombre élevé d’opérations financières annoncées ou réalisées au premier semestre (projet de fusion entre Technip et l’américain FMC Technologies, OPA de Total sur Saft, de Vivendi sur Gameloft, etc.) a été perçu comme un signal de confiance.

Mais patatras, le coup de tonnerre du Brexit, le 23 juin, a fait replonger les indices, l’indice CAC 40 réussissant tout de mê­me à préserver les 4 000 points. Les réactions ont été vives sur le marché des changes (repli de la livre sterling, remontée du dollar retrouvant son statut de valeur refuge), tandis que les investisseurs se ruaient sur les actifs les plus sûrs (nouvelle baisse des taux souverains allemands, hausse de l’or).

Incertitude britannique

Les conséquences économiques du vote britannique restent difficiles à évaluer : Goldman Sachs estime que la victoire du Leave entamera le PIB de 2,75% outre-Manche dans les dix-huit prochains mois. Pour Mario Draghi, le président de la Ban­que centrale européenne, l’impact pourrait être négatif de 0,3% à 0,5% sur la croissance de la zone euro dans les trois prochaines années.

Mais il n’est pas acquis que la sortie de l’Union européenne soit menée à son terme tant la classe politique britannique paraît tétanisée par l’issue du vote. La nomination du nouveau Premier ministre à la rentrée devrait permettre d’y voir plus clair. D’ici là, la volatilité va rester forte sur les marchés.

Dans ce climat d’incertitudes, les analystes revoient en baisse leurs perspectives de résultats. Le Revenu a recensé près d’une cinquantaine d’abaissements d’objectifs de cours ou de dégradations de recommandation sur les valeurs françaises dans la semaine qui a suivi le Brexit. Certaines inquiétudes remontent à la surface, comme le nouvel affai­blissement du yuan par rapport au dollar et les désé­qui­libres des marchés obligataires, avec 11.700 milliards de dollars d’emprunts d’État en taux négatif dans le monde, selon Fitch Ratings.

Nous con­seillons d’être sélectifs sur les actions, d’autant que le CAC 40 est bien valorisé, à 14,1 fois le résultat net attendu pour l’exercice 2016. Nous privilégions les dossiers à forte visibilité, bien exposés au dollar, comme Essilor, Sanofi, Sodexo, L’Oréal et Danone.

 

Source : www.lerevenu.com