Pourquoi l’impôt sur la fortune immobilière sera favorable aux propriétaires français

Le remplacement de l’Impôt Sur la Fortune (ISF) par l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) fera sans nul doute partie des mesures «impopulaires» envisagées par Emmanuel Macron. Mais en réalité ce changement ne présente que des avantages pour les propriétaires.

L’assiette imposable diminue pour chacun

Tous les détenteurs français d’immobilier sans exception sont gagnants dans la réforme de l’ISF telle qu’elle est envisagée. Pourquoi ? L’impôt ne change pas dans sa structure (mêmes seuils, barèmes et taux).

L’assiette imposable diminue pour chacun, détenteur a minima d’un compte en banque et d’un livret A, souvent d’une assurance vie, parfois d’un PEA, qui ne font plus partie de la base taxable.  L’impôt de tous les assujettis actuels à l’ISF sera donc demain plus faible. Et ce y compris pour les détenteurs d’immobilier.

L’immobilier sera demain moins taxé qu’hier. Illustrons cette conséquence mathématique du premier point par deux exemples. Un ménage parisien (les « A ») possède un patrimoine de 2,5 millions d’euros dont 1,5 million d’immobilier en résidence principale (valorisée donc à 1,05 million d’euros).

Il paye 7.750 euros d’ISF soit un taux d’imposition de son patrimoine de 0,31%. Avec la réforme, sa base passant en dessous du seuil de taxation, il ne paye plus d’impôt. Il a donc gagné 0,31 % d’imposition sur sa fortune immobilière.

Leurs cousins de Nice (le couple « B »), sont eux à la tête de 5 millions d’euros dont 2 millions pour la villa qu’ils habitent et 500.000 euros pour un pied à terre à Paris. Avant réforme : Ils payent un ISF de 29 870 euros soit un taux de 0,59 %.

Après la réforme l’impôt passe à 6.700 euros ce qui représente un taux de 0,26 % si on le rapporte au seul immobilier. Ce ménage a donc gagné 0,33 % d’impôt sur son immobilier.

100 % des ménages assujettis à l’ISF seront moins imposés

Certes les « B » ont moins gagné sur leur patrimoine immobilier que sur leur patrimoine mobilier. Ils sont aussi «moins bien traités» que leur voisin qui aurait eu le même patrimoine en actions et que leur cousins « A » qui sont maintenant exonérés.

Ils pourraient avoir la perception d’être «perdants» dans une réforme «injuste» qui ajouterait l’IFI au «poids des charges» sur l’immobilier «chèrement acquis».  Mais pour autant comme 100 % des ménages assujettis aujourd’hui à l’ISF, la réalité est que demain leurs biens immobiliers seront moins imposés, de même qu’ils ne le seront pas plus pour ceux qui ne le paient pas aujourd’hui.

Source : lesechos.fr