Pourquoi le report du prélèvement à la source est une bonne nouvelle?

Si vous faites partie des quelques millions de Français à détenir un produit d’épargne retraite individuel, qu’il s’agisse d’un Perp (Plan épargne retraite populaire, accessible à tous, salariés et non-salariés), d’un contrat Madelin (dédié aux indépendants et aux professionnels libéraux) ou d’un contrat Préfon Retraite (réservé aux fonctionnaires) notamment, vous pouvez vous réjouir du report d’un an de la mise en œuvre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

Pourquoi ?

Parce que cette année encore, et contrairement à ce qui était envisagé par le précédent gouvernent, vous allez pouvoir bénéficier à plein de la déduction fiscale attachée aux cotisations versées sur ces produits.

Une importante déduction fiscale

Pour un Perp, cette déduction est égale à 10% de vos revenus professionnels de l’année précédente, avec un minimum de 3862€ (ce qui correspond à 10% du Plafond annuel de la Sécurité sociale 2016) et un maximum de 30893€ pour 2017, sachant que ces plafonds englobent aussi les sommes pouvant être versées sur les contrats d’épargne retraite d’entreprise comme le Perco, ou dans le cadre des régimes de retraite supplémentaire plus connus sous le nom “d’article 83″. Pour un contrat Madelin, ces plafonds sont plus élevés encore.

Dans un cas comme dans l’autre, ces produits retraite individuels qui comprennent par ailleurs diverses contraintes, sont, il faut le souligner, adaptés aux contribuables dont le taux d’imposition est élevé : avec un versement de 10000€ sur un Perp par exemple, ils peuvent réaliser une économie d’impôt de 3000€ si leur taux marginal d’imposition (TMI) est de 30%, mais de 1400€ seulement, si leur TMI est de 14%.

Un attentisme certain

Cette nouvelle fenêtre de déduction fiscale vient d’être rendue possible par le revirement du gouvernement. Celui-ci vient en effet de reporter d’un an la mise en place du prélèvement à la source : sauf imprévus en cours de route, son instauration devrait donc être effective à partir du 1er janvier 2019.

La partie n’était pourtant pas gagnée d’avance… Anticipant une chute drastique des cotisations, il faut en effet se rappeler que les professionnels de l’épargne retraite (compagnies d’assurance, bancassureurs, organismes de prévoyance et mutuelles) sont montés au créneau dès le début de l’année, demandant au gouvernement précédent puis au (futur) gouvernement actuel, un assouplissement des effets secondaires dus à cette fameuse année blanche fiscale…

Faute d’avoir été entendus, ils ont également cessé toute campagne de publicité mettant en avant les avantages fiscaux offerts par leurs produits d’épargne retraite individuels. Et, devoir de conseil oblige, ils ont enfin revisité quelque peu leurs argumentaires commerciaux… Prudents, nombre d’épargnants ont de ce fait réduit la voilure, en diminuant, lorsqu’ils le pouvaient, le montant de leurs primes périodiques ou en stoppant carrément leurs versements ponctuels….

Dans l’attente d’un nouveau texte de loi

Aujourd’hui, à la faveur de cette annonce, toute la question est de savoir si cet attentisme va durer ou si, au contraire, les épargnants vont à nouveau, et assez vite, effectuer des versements sur leur contrat. Pour Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne ” la déduction agit un peu comme une drogue. Quand on a mis le pied dedans, quand on a des revenus élevés, il est difficile d’en sortir. Il y a donc fort à parier que les versements sur les produits reprennent ” même s’il est vrai que traditionnellement, l’essentiel de la collecte a lieu en fin d’année.

Source : votreargent.lexpress.fr