Le prélèvement à la source sera-t-il toujours d’actualité après la présidentielle?

La campagne de déclaration d’impôts pour l’année 2016, qui a débuté mercredi 12 avril, pourrait bien être la dernière. En théorie, la réforme du prélèvement à la source devrait entrer en vigueur dès l’an prochain. Mais rien n’est moins sûr, puisque la plupart des candidats à l’élection présidentielle sont opposés à ce changement. Parmi eux, seul Benoît Hamon s’est engagé à mettre en place la réforme, tandis que d’autres ont promis son abandon.

En quoi consiste la réforme ?

Le prélèvement à la source prévoit que l’impôt sur le revenu soit collecté lors du versement du salaire, et non plus un an après comme c’est le cas actuellement. L’objectif est d’ajuster automatiquement l’impôt aux variations de revenus pour éviter les effets négatifs du décalage dans le temps. Chez les salariés, l’impôt sera prélevé par l’employeur. Pour les retraités, la caisse de retraite se chargera de la collecte. De manière générale, l’impôt continuera d’être calculé au niveau du foyer fiscal, mais les conjoints pourront être prélevés sur la base de taux différents. Le système des crédits d’impôts sera maintenu mais cet argent continuera à être perçu l’année suivante.

Quel avenir après la présidentielle ?

Au sein des prétendants à l’Élysée, la question divise. L’un des plus farouches opposants est Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de la France insoumise considère que ce n’est pas aux entreprises ou aux employeurs mais à l’État de recouvrer l’impôt. François Fillon a également promis l’abrogation pure et simple de la mesure, la jugeant trop complexe à mettre en œuvre pour les entreprises, en plus d’être une source de complexité administrative. Un point de vue que partage Marine Le Pen.

Emmanuel Macron, pour sa part, a annoncé vouloir “expérimenter” la réforme pendant un an, sans garantir son application définitive. “Je ne souhaite pas que la réforme soit généralisée tout de suite parce qu’il y aura immanquablement des loupés techniques et je n’ai pas envie de plonger le pays dans l’incertitude totale”, avait expliqué l’ancien ministre. Bernard Cazeneuve et son gouvernement ont d’ailleurs prévu une phase de test durant l’été.

En cas de report ou de suppression pure et simple de la réforme, la situation deviendrait fort chaotique pour les contribuables comme pour l’administration, Bercy ayant déjà prévu une campagne d’information dans les prochaines semaines, puis lors de l’envoi des avis d’imposition en août.

Source : boursorama.com